République du Bénin projet Lutte Intégrée 01 :  Test participatif et démonstratif de lutte contre Striga hermonthica en milieu paysan au Bénin par l'utilisation de variétés de maïs dotées de résistance horizontale

Durée de vie du projet : 06 ans

But/ objectif du projet: A court terme, le projet vise: l’identification et le recensement des groupes de dynamique locale et d’autres acteurs capables d’aider au succès de la lutte contre Sriga par l’utilisation de variétés de maïs dotées de résistance horizontale au S. hermonthica ; la participation active des principaux acteurs que sont les paysans, les vulgarisateurs, les groupes de dynamique locale, les Organisations Non Gouvernementales dans l'amélioration et l'adaptation des méthodes de lutte contre Striga en culture de maïs; la réduction des pertes de rendement dues au Striga dans les champs des paysans partenaires ; la démonstration aux paysans in situ de quelques étapes du cycle biologique de S. hermonthica. A moyen et long terme : le projet vise : l'adoption et la diffusion à grande échelle des méthodes de lutte mises au point sur les sites d'intervention du projet; l'adoption à l'échelle communautaire d'actions collectives pour une gestion durable du Striga au niveau du terroir villageois ;  l'assainissement des parcelles infestées ; et la réduction à grande échelle des pertes de récolte dues au Striga.   

Contexte/description succincte du projet: Les céréales, notamment le maïs, jouent un rôle prépondérant dans l'alimentation humaine au Bénin. Le maïs est la base de l'alimentation dans les départements côtiers (Atlantique, Couffo, Littoral, Mono, Ouémé et Plateau) et dans les départements des Collines et du Zou. Dans les départements du Nord (Alibori, Atacora, Borgou et Donga) le maïs est de plus en plus cultivé. Dans ces départements il est devenu pratiquement une culture de rente. Beaucoup de paysans préfèrent de nos jours la production de maïs à celle du coton, première culture de rente au Bénin. En effet, le maïs offre une gamme variée de produits de transformation et permet aux familles rurales de subvenir directement à une partie de leurs besoins alimentaires. Qui plus est, la culture du maïs est peu contraignante comparativement à la culture du coton. Malheureusement, dans les départements de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou, des Collines, de la Donga et du Zou l'espèce Striga hermonthica, une mauvaise herbe parasite épirhize infeste les céréales. Une infestation sévère de S. hermonthica (plus de dix plants de S. hermonthica par plant de maïs) inflige une perte de rendement de 60% à 90%. Les pertes de récolte dues au Striga compromettent (1) le revenu du paysan et (2) constituent une menace pour la sécurité alimentaire. Il est donc urgent de trouver des solutions qui soient à la portée des paysans, qui pour la plupart ont des ressources très limitées. Dans ce contexte,  un chercheur a mis au point à l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA) plusieurs variétés de maïs dotées de résistance horizontale. Ces variétés s’intègrent mieux dans une approche de lutte intégrée où des mesures complémentaires sont prises pour amoindrir le niveau d'infestation. Au nombre de ces mesures complémentaires il y a l'association des cultures. C'est une pratique agricole courante adoptée par les paysans pour limiter les risques inhérents à l'agriculture pluviale. En outre, elle augmente le ratio "équivalent sol" surtout lorsque l'association intègre des légumineuses fixatrices d'azote atmosphérique. Les travaux effectués à partir de 1998 avec les variétés de maïs dotées de résistance horizontale confirment l'intérêt de l'association maïs + légumineuse (maïs + arachide; maïs + niébé) pour la lutte contre S. hermonthica en milieu paysan au Bénin. Compte tenu des résultats encourageants obtenus à ce jour le projet vise à poursuivre les tests et faire impact en élargissant la participation à de nouveaux acteurs et groupes d’acteurs. En effet, en étudiant le processus d’innovation en milieu paysan on s’aperçoit aisément qu’il existe des acteurs qui sont presque toujours marginalisés ou ignorés par les services publics de recherche et de vulgarisation. Le présent projet vise à corriger cette insuffisance. Dans les localités où des groupes de dynamique locale (groupes d’entraide, de tontine ou autres) et des Organisations Non Gouvernementales existent, ils seront identifiés et associés comme partenaires du projet, à part entière. Le présent projet se fonde sur l’hypothèse qu’une nouvelle dynamique sera créée pour une meilleure gestion du Striga en culture de maïs si de nouveaux acteurs marginalisés jusqu’à présent sont  pris en compte.

Zones écologiques ou localité du projet : Zakpota dans le département du Zou, Ouaké dans le département de la Donga, Boukoumbé et Cobly dans le département de l’Atacora.

Résultats attendus : A court terme : les paysans partenaires comprennent le cycle biologique de S. hermonthica; améliorent leurs méthodes de lutte contre  S. hermonthica; les pertes de récolte dues à S. hermonthica sont substantiellement réduites; d’autres acteurs qui participent à la dynamique locale sont identifiés et intégrés au processus d’innovation pour une meilleure gestion intégrée du Striga. A moyen et long terme : des technologies nouvelles, basées sur l’utilisation de variétés de maïs dotées de résistance horizontale au S. hermonthica sont testées en pré vulgarisation par les organismes chargés de la vulgarisation (CARDER, ONG et autres); les parcelles infestées de S. hermonthica sont assainies à grande échelle; les paysans prennent des initiatives à grande échelle pour une gestion durable de S. hermonthica; les paysans prennent des mesures à l'échelle communautaire pour  une gestion durable de S. hermonthica au niveau du terroir villageois; les enfants des écoles connaissent le cycle biologique de S. hermonthica et participent à  la lutte ; les groupes de dynamique locale participent à la diffusion des méthodes de lutte contre S. hermonthica ; Le modèle de gestion du Striga au Bénin est proposé à d’autres pays de la sous-région.

Impact potentiel et bénéficiaires du projet: A court terme : 1)  le nombre de méthodes de lutte mises au point, améliorées ou adaptées grâce à une participation effective des paysans et des groupes de dynamique locale, 2) le niveau d'infestation des parcelles des paysans partenaires. Il est prévu que ce niveau d'infestation sera substantiellement plus bas que le niveau initial d'infestation, 3) l'adoption par les paysans partenaires et la diffusion des méthodes de lutte améliorées mises au point. A moyen et long terme: 1) Méthodes de lutte mises au point avec les paysans et introduits en tests de pré vulgarisation; 2) Les cultures de plantes hôtes (céréales et niébé) ne sont pratiquement plus infestées dans le village; 3) Prises d’initiatives par les paysans pour la lutte contre S. hermonthica ; 4) Prise de mesures communautaires par les paysans pour une gestion durable de S. hermonthica; 5) Enseignement du cycle biologique et des méthodes de lutte contre S.  hermonthica  dans les écoles; 6) Participation des groupes de dynamique locale à la diffusion des méthodes de lutte.

 Bénéficiaires : Paysans confrontés à l’infestation de Striga.

 Partenaires du projet: AU/SAFGRAD, INRAB/Bénin,  IITA

Investisseurs/bailleurs de fond du projet : SAFGRAD/UA, Gouvernement Sud Coréen, INRAB/Bénin

Investigateur principal/personne contact : Dr. G. Gbèhounou, 01 BP 128 Porto-Novo. E-mail :LDCSTRIG@BOW.INTNET.BJ   ou  GBEHOUNOUGUALBERT@BOW.INTNET.BJ